L'essentiel

  • Seul, vous avez le choix entre l'entreprise individuelle (dont la micro-entreprise), l'EURL et la SASU ; à plusieurs, entre la SARL et la SAS.
  • La micro-entreprise est la formule la plus simple : inscription gratuite et cotisations calculées sur le chiffre d'affaires réellement encaissé.
  • Créer une société coûte au minimum 53,16 € de frais de greffe en 2026 (33,83 € d'immatriculation + 19,33 € de déclaration des bénéficiaires effectifs), plus l'annonce légale.
  • En EI, EURL et SARL à gérant majoritaire, le dirigeant cotise au régime des indépendants ; en SAS, SASU et SARL à gérant minoritaire, il relève du régime général.
  • Depuis mai 2022, le patrimoine personnel d'un entrepreneur individuel est protégé par défaut de ses dettes professionnelles.

C'est décidé : cette année, vous faites le grand saut de l'entrepreneuriat. Fini les patrons, les collègues et les contraintes… Ah non, pas tout à fait. La France est réputée pour ses méandres administratifs, et la création d'une entreprise n'échappe pas à la règle, dès la toute première étape.

Bureau avec des formulaires administratifs, un stylo et une tasse de café
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SARL, EURL, SCI, SASU… les acronymes s'enchaînent et vous décourageraient presque de vous lancer. Pas de panique : on vous aide à jauger ce qui correspond le mieux à votre projet, parmi la vingtaine de formes juridiques existantes.

Projet solo ou à plusieurs ?

C'est la toute première question à vous poser : votre rêve de vendre des cookies ou de coudre des robes sur mesure, vous l'envisagez seul ? Ou aimeriez-vous y associer vos amis, votre frère ou vos parents ? La réponse permet de faire un premier gros tri parmi les statuts existants.

Désolée Mamie, je fais le grand saut en solo

Déjà : bravo pour l'audace. Trois options s'offrent à vous : l'entreprise individuelle (EI), l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) et la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU). Oui, on avait promis de la simplicité : ça vient.

En EI, vous exercez seul et les démarches de création et de gestion sont simplifiées : pas de statuts à rédiger, pas de capital social à constituer. Bonne nouvelle : depuis mai 2022, votre patrimoine personnel est séparé par défaut de votre patrimoine professionnel. En cas de dettes liées à l'activité, les créanciers ne peuvent en principe saisir que vos biens professionnels, sauf exceptions (renonciation écrite à cette protection, fraude ou manquements graves, notamment vis-à-vis du fisc et de l'Urssaf).

Avec une EURL, on change de registre : vous créez une société commerciale avec un seul associé, vous-même. Vous fixez librement le capital social, vous rédigez des statuts encadrés par la loi, et votre responsabilité est limitée au montant de vos apports, sauf faute de gestion.

La SASU offre beaucoup plus de souplesse : c'est vous qui fixez l'organisation et le fonctionnement de la société dans les statuts (capital, président, règles de décision…). Mais cette liberté a un revers : des statuts mal rédigés peuvent vous coûter cher. Mieux vaut faire appel à un professionnel pour les rédiger.

Bon vendeur mais piètre cuisinier : on se lance à plusieurs

Vous êtes du genre à partager les galères comme les succès ? C'est tout à votre honneur.

Si votre projet relève de l'artisanat, du commerce ou de l'industrie et que vous voulez le monter en famille, la SARL est un classique. De 2 à 100 associés, sans capital minimum, elle limite la responsabilité de chacun au montant de ses apports. Il faut nommer un ou plusieurs gérants, dont les pouvoirs sont encadrés par les statuts et qui engagent leur responsabilité en cas de faute de gestion.

Beaucoup d'entrepreneurs qui s'associent lui préfèrent toutefois la SAS, bien plus flexible : deux associés minimum, libres de fixer eux-mêmes les règles de fonctionnement de la société. Comme pour la SASU, mieux vaut se faire accompagner pour rédiger les statuts.

Il existe aussi la SCA, la SCS ou la SA… mais elles sont bien moins courantes et un chouia plus complexes : on vous épargne.

Quel coût à la création ?

La création d'une micro-entreprise est gratuite, tout comme celle d'une EI exerçant une activité libérale ou agricole. Pour une EI commerciale, comptez 21,74 € de frais d'immatriculation (tarif 2026). Les activités artisanales ont des frais spécifiques : renseignez-vous auprès de votre chambre de métiers.

Côté société (EURL, SASU, SARL, SAS), la note monte : 33,83 € de frais d'immatriculation, 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs, plus la publication d'une annonce légale, dont le montant dépend du département et de la forme de la société.

À ces frais s'ajoutent d'autres dépenses à prévoir : matériel, assurance professionnelle, expert-comptable…

Quid des charges ?

Les cotisations sociales

Toute entreprise paie des cotisations sociales : maladie, maternité, retraite, invalidité, allocations familiales, formation…

En EI, en EURL et en SARL avec un gérant majoritaire, le dirigeant relève du régime des travailleurs indépendants. Les deux premières années, ses cotisations provisionnelles sont calculées sur une base forfaitaire égale à 19 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (environ 9 000 €), puis régularisées sur les revenus réels. Depuis 2026, les cotisations des indépendants (hors micro-entrepreneurs) sont calculées sur une base unique, après un abattement forfaitaire de 26 %.

En SAS, en SASU et en SARL avec un gérant minoritaire ou égalitaire, le dirigeant est « assimilé salarié » et relève du régime général. S'il se verse un salaire, les cotisations représentent environ 60 % du salaire brut. S'il ne se rémunère pas, aucune cotisation sociale n'est due.

Et en micro-entreprise ? Les cotisations sont un pourcentage fixe du chiffre d'affaires encaissé, qui dépend de votre activité.

Les impôts

En micro-entreprise, vous relevez du régime micro-fiscal : l'impôt est calculé sur votre chiffre d'affaires, après un abattement forfaitaire qui varie selon l'activité. Sous conditions de revenus, vous pouvez aussi opter pour le versement libératoire.

Les autres EI, ainsi que les EURL dont l'associé unique est une personne physique, sont imposées par défaut à l'impôt sur le revenu (IR), sur leur bénéfice réel (recettes moins charges). Elles peuvent opter pour l'impôt sur les sociétés (IS).

Les SARL, SAS et SASU sont soumises par défaut à l'impôt sur les sociétés, calculé sur le bénéfice. Les jeunes sociétés peuvent, sous conditions, opter pour l'impôt sur le revenu pendant 5 exercices maximum.

Le conseil de Jauge : LegalPlace ou Legalstart

Chez Jauge, on essaie de vous simplifier la vie. Mais si, même après toutes ces explications, le dédale des statuts vous donne encore des sueurs froides, il existe des solutions d'accompagnement.

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les créations d'entreprise passent par un guichet unique en ligne, mis en place par l'État. Sur le papier, c'est plus simple. Dans les faits… ça reste l'administration française.

Notre conseil : passer par une plateforme juridique. Vous centralisez vos démarches, vous remplissez des formulaires simplifiés et vous pouvez être accompagné si vous bloquez. Les deux références du marché : LegalPlace et Legalstart. Comparez leurs formules avant de choisir.

Tableau récapitulatif

Les principaux statuts en un coup d'œil
Forme juridiqueEI (dont micro)EURLSARLSASSASU
Nombre d'associés112 à 1002 minimum1
DirigeantL'entrepreneurGérantGérant(s)Président (+ directeurs éventuels)Président
Capital socialNon concernéLibreLibreLibreLibre
ResponsabilitéPatrimoine professionnel (depuis 2022)Limitée aux apportsLimitée aux apportsLimitée aux apportsLimitée aux apports
Imposition des bénéficesIR (micro-fiscal en micro-entreprise)IR (option IS possible)IS (option IR 5 ans possible)IS (option IR 5 ans possible)IS (option IR 5 ans possible)
Régime social du dirigeantIndépendants (micro-social en micro-entreprise)IndépendantsIndépendants si gérant majoritaire, sinon régime généralRégime généralRégime général

Sources : service-public.fr, INPI, Bpifrance Création, tarifs de greffe 2026. Vérifié le 30 octobre 2026.

Questions fréquentes

Quel est le statut le plus simple pour se lancer seul ?

La micro-entreprise : l'inscription est gratuite, la gestion est allégée et les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires réellement encaissé. Pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations.

Combien coûte la création d'une société en 2026 ?

Au minimum 33,83 € de frais d'immatriculation et 19,33 € de déclaration des bénéficiaires effectifs, auxquels s'ajoute l'annonce légale, dont le prix varie selon le département et la forme de société.

Peut-on changer de statut plus tard ?

Oui. Beaucoup d'entrepreneurs démarrent en micro-entreprise puis créent une société quand leur activité grandit. Le changement a un coût et des conséquences fiscales : mieux vaut l'anticiper avec un expert-comptable.

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